#1- Je suis là, sereine.

Assise dans ce café, l'envie de revenir et matérialiser la sortie de mon hibernation m'est venue, les mots ont coulés, un texte est né. Le thème est la liberté sans ne jamais l'évoquer, un besoin de reconnaissance personnelle. Je vous laisse le découvrir et me faire vos retours.

Vivante
3 min ⋅ 05/05/2024

5 mai 2024, Nord de Ko Phan Gan,

11h34

Dans un café du nord de l’île de Ko Phan Gan, face à la mer turquoise et ses bateaux de pêcheurs, quelques touristes s’en vont plonger dans ces eaux, je réalise la sérénité qui m’accompagne à présent et tout le chemin parcouru. Évidemment ces mots semblent clichés et bien souvent entendus, seulement comme une amie chère à mon cœur m’a souvent dit, les clichés existent pour une raison.

La raison semble-t-elle être qu’ils existent tout simplement.

Arrivée en Thaïlande il y a 3 jours, celle-ci marque la fin de mes deux mois d’hibernation à Bali. Une pause prise pour me retrouver après la dernière épreuve d’une année marquée par un lot d’évènements inattendus. Il ne s’agit pas d’une ligne d’arrivée, ni d’un nouveau départ mais d’une suite logique. Comme je l’ai bien compris la vie amène son lot de surprises, rendant cette aventure bien moins linéaire qu’elle semble paraitre. Ces deux mois m’ont permis de me relever petit à petit, laissant le corps me guider vers ce qui était nécessaire pour lui. Et c’est comme ça que mon aventure continue.

Mon corps est serein à présent, un sentiment de peur semble m’avoir quitté. J’ai réalisé que je ne me sentais pas en sécurité depuis des années, une hyper vigilance qui empêchait mon corps d’être au repos. L’accumulation des évènements traumatiques, auxquels sont venus s’ajouter des pressions permanentes auto générées ont créés un état de fatigue immense pour mon corps. Un bloc de plomb qui se pose sur vous, une lourdeur qui ne semble jamais s’en aller. Son absence laisse un vide, sans même juger sa nature positive ou négative, je prends seulement conscience de sa non-présence. Une sensation étrange car lorsque vous avez vécu pendant des années avec un persécuteur, l’absence se fait sentir, s’interrogeant, est-ce une accalmie de courte durée ou est-ce un au revoir ? Je n’ai pas la réponse et c’est ok.

J’avais et j’ai peut-être encore un besoin de contrôle, qui me menait à juger de manière manichéenne, est ce bon ou mauvais, suis-je dans le vrai ou dans le faux ? A présent pour sortir de ce tourbillon d’interrogations je ne fais que prendre conscience de leur présence sans leur apporter une autre valeur qu’une simple reconnaissance. Une forme de méditation active. Parfois il ne s’agit que de ça, reconnaitre.

On avance dans la vie avec des objectifs en tête qui semblent parfois être personnels, mais leurs atteintes n’ont de valeur que s’ils sont reconnus par l’extérieur. Ce qui est étrange pour moi, car j’avais quitté il y a bien longtemps ce chemin validé. Mais parfois le mental est vicieux, cette recherche prend des formes différentes selon son patient. Je croyais que c’était une reconnaissance extérieure que je cherchais lorsque c’était une reconnaissance intérieure dont j’avais besoin, une autorisation. Cette recherche extérieure m’avait mené sur un long cheminement interne, je ne comprenais donc pas pourquoi je me retrouvais là, après avoir tant avancé, m’étant détachée de ce regard extérieur.

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Vivante

Par Amance Touzé